COLLECTIF D'ARTISTES / LIEU DE CRÉATION / ZONE DE PARTAGE ARTISTIQUE & POLITIQUE / BREST

« Personne n’éduque autrui, personne ne s’éduque seul, les hommes s’éduquent ensemble par l’intermédiaire du monde. »  Paolo Freire

 

LES BELLES HISTOIRES DE KEROURIEN - 50 ANS - OCTOBRE 2018 - QUELQUES PHOTOS ICI

 

JEANNE DARK

Partage de création de "Sainte Jeanne des abattoirs" de Bertolt Brecht. Réflexions politiques et artistiques au Maquis à Brest.

 

« À l'idéalisme, il faut demander d'où il sort, au matérialisme, ce qui en sort. »

B. Brecht

« Nous, les ouvriers, nous savons maintenant une chose : si tout marche comme le veulent les industriels de la viande, une partie d'entre nous perdra sa place aux abattoirs et les autres ne retrouveront jamais leurs salaires d'avant. Dans une telle situation, il faut comprendre que nous n'avons plus d'autre recours que la violence. Les grandes entreprises de la ville nous ont promis de déclencher, après-demain au plus tard, la grève générale. Il faut diffuser tout de suite cette nouvelle aux quatre coins des abattoirs (...) »

En 2017, Lionel Jaffrès, artiste membre du collectif, propose aux maquisard-e-s (adhérent-e-s du Maquis) un travail à partir du texte de Bertolt Brecht, Sainte Jeanne des Abattoirs. Ainsi démarre un travail collectif de recherche sur les liens entre la crise économique de 1929 et celle que nous vivons depuis plusieurs années.

Le chantier de mise en scène débute en 2018.

Afin de nourrir notre réflexion, nous rencontrons des personnes ressources et invitons des collectifs artistiques et politiques

Cette création a pour objectif de réinterroger certains fondamentaux, du processus historique au devenir des luttes sociales. Le Maquis s'inscrit dans une démarche d'analyse des enjeux politiques et économiques à travers ce texte complexe et poursuit son intention de partages artistiques et politiques avec le plus grand nombre possible.

Ainsi, la problématique des usines de conserves de viande dans les années 1930 à Chicago, sert de point d’appui à une analyse de notre système économique contemporain.

Le groupe, lors du travail de lecture de la pièce, s’est longuement interrogé sur les aspects socio-économiques :

- en quoi les mécanismes de spéculation et d’exploitation des années 30 ont encore lieu aujourd’hui, et sous quelle forme,

- est-ce que les luttes de classes sont toujours d’actualité et dans ce cas quelles formes prennent-elles

- quels types de lutte et de résistance peuvent avoir lieu aujourd’hui

- quels sont les instruments de domination utilisés par les classes dirigeantes aujourd’hui

- quelle forme les chapeaux noirs (groupe d’individus s’apparentant à l’armée du salut dans la pièce) peuvent prendre aujourd’hui

- quels sont les moyens de communication des différents groupes entre eux aujourd’hui…

Pour étayer notre réflexion, nous avons puisé dans la littérature économique, politique, sociologique (Jean Gadrey, Dominique Meda, Thomas Piketty…)

Autant de sujets de débat, de recherches, de questionnements politiques mais aussi dramaturgiques qui nourrissent le processus de création.

 

"Ceux d'en bas sont maintenus en bas
Pour que ceux d'en haut restent en haut.
Et la bassesse de ceux d'en haut
Ne connaît pas de bornes.
Et même s'ils s'amendaient
Cela ne servirait à rien
Car le système qui les a faits
N'a pas son pareil :
Exploitation et désordre
Bestialité et déraison."

Sainte Jeanne des abattoirs - Bertolt Brecht

 

Calendrier

- samedi 26 et dimanche 27 mai 2018 : week-end de recherche à La Maison du Théâtre

- vendredi 15 juin : répétition croisée avec le Collectif Les Bertrands

- du 2 au 4 novembre : week-end de recherche à La Maison du Théâtre

Les premières représentations sont prévues sà l'automne 2019.

 

Le projet Jeanne Dark est soutenu par la DRAC Bretagne.